merlin 27 a écrit :Mes questions sont : quelles précautions prendre pour qu'elle participe avec plaisir à l'aventure de se promener décapoté ? Lunettes, pas lunettes ? balades longues, courtes ? blouson d'aviateur, ou bien son manteau habituel ?... le récit de vos expériences et vos conseils seront appréciés
Cher Enchanteur,
Tu as eu quelques avis pour te forger ton opinion, d'une manière générale il est donc plutôt recommandé par les petits camarades de partir pour une courte balade une jolie journée de printemps. Mais ceci ne veut pas dire que faire la première route dans de mauvaises conditions est la garantie d'un échec sans appel.
La preuve :
J'ai acheté la mienne à quelques 800 Km de ma base, en Décembre. Le jour de la livraison était prévu avant Noël. Le jour dit, la Canuse a tenu à venir. Gout du risque ou envie de savoir où je claquais nos économies, je ne sais toujours pas ce qui fut sa réelle motivation pour ce voyage. La météo s'annonçait médiocre et nous fumes récompensés au delà de nos espérances.
Nous sommes partis en direction de notre première étape, Paris, sous un ciel bas, froid et humide. Rapidement, la pluie s'est invitée et on est arrivé en début de soiré en grande banlieue pour bouchonner sous des trombes d'eau. On a mis 2 heures à touche touche pour rallier notre point de chute. Heureusement, la soiré chez des amis a déridé un peu l'atmosphère, le moral de la copilote avait frisé le 0, mais sans l'atteindre toutefois. Tous les espoirs était encore permis si la suite se passait bien...
Après 2/3 bricoles au bureau le lendemain, on reprend la route vers notre colline en début d'après midi. Météo incertaine, ciel toujours bas, froid et humide. Mais ouf, pas de pluie. Si ça continue comme çà, demain n'y paraitra plus et on pensera bientôt aux futurs balades de printemps décapotées.
Evidement, cela n'a pas duré ; et très vite, les averses se sont jointes à nous pour faire la route. De plus en plus nombreuses jusqu'à devenir de la pluie continue. Même un peu de neige fondue en traversant le Morvan. Bref, la totale.
Autant dire que la conversation, déjà rare au départ (c'est vrai que pour s'entendre à 130 sur l'autoroute, il faut y mettre du sien) s'est considérablement ralentie au fur et à mesure de notre progression. Je sentais le moral baisser, toucher le 0, puis continuer son inexorable chute vers des profondeurs abyssales. Le temps était franchement à l'orage, mais DANS la voiture.
Tout au long des kilomètres, je m'accrochais à résoudre la question pour savoir combien de temps j'aurais à subir des remarques acerbes à venir sur mon automobile qui est bruyante, inconfortable, pas étanche, n'a pas de coffre, trop petite, tape-cul etc...*. La période de froid allait-elle durer un jour seulement, une semaine, voir plus ?
Pour finir, on récupère notre petite dernière laissée dans la famille et on arrive enfin, à 3 dans la Morgan, au garage. Et à, ce n'était plus un orage qu'il y avait dans la tête de la copilote, le mot est trop faible.
J'ai passé le reste de la nuit à faire des hypothèses sur l'ordre des choses à venir le lendemain matin, ne sachant pas trop si la demande de divorce allait ou non précéder la mise en demeure de vendre la nouvelle auto.
Depuis, les mois et les années ont passé. Alors qu'elle n'aimait pas les petites routes où je vais trop vite mais préférait les autoroutes, maintenant c'est elle qui pousse à prendre le temps et de profiter des paysages en musardant. Et non seulement les balades ne lui font plus peur, mais elle est prête à repartir pour des voyages au long court.
Et si j'avais, d'aventure, à vendre cette auto un jour, je me dis que c'est pas gagné d'avance, qu'il va falloir trouver un acheteur particulièrement patient pour la livraison, si tant est que j'arrive à faire passer une annonce.
* Rayer les mentions inutiles