Depuis mon dernier passage en métropole, à Paris, j'ai complètement changé d'avis sur le sujet : c'est tellement agréable une ville sans pollution automobile ! Qui dira le contraire ? Au fond, le sujet n'est pas la ZFE : si une majorité veut sa ZFE, qu'elle paye ceux qui vont la mettre en oeuvre. Le problème depuis le début, c'est que ce sont des CSP+ et bouffeurs de quinoa qui ont décrété une mesure qu'ils font payer aux "ploucs" d'outre-rocade :
medamne comme on dit chez moi, ça ne va pas du tout, ça !
Par ailleurs, je découvre que le problème est plus compliqué : les ZFE font partie d'un package de mesures destinées à faire respecter par la France ses obligations européennes sur la qualité de l’air. Si les ZFE étaient supprimées sans dispositif équivalent, la France pourrait être considérée comme ne les respectant plus. Il existe aussi un risque financier lié à un machin qui s'appelle le "plan de relance européen" : en cas de suppression, Bruxelles pourrait suspendre ou réduire le dernier paiement attendu, de 6,1 milliards d’euros (merci Le Figaro).
Autant dire qu'on n'est pas prêt d'en avoir fini avec le sujet !
D'où 4 remarques, la dernière en réaction à Stampe qui veut garder le volant :
1) Cette connerie va sur-accaparer la présidentielle car c'est un sujet hyper populiste, sur lequel très facilement flatter
"le fumeur de clope qui roule au diesel" comme disait le très macroniste Grivaux. C'en va devenir (marrant comme formulation) un vrai marqueur de mépris politique...
2) Si on veut parler écologie et automobile, posons nous plutôt sur le prix des voitures électriques françaises. Il n'est pas normal qu'il faille des aides, des aides, toujours des aides, encore des aides pour s'en offrir une. Et une fois ceci posé, s'il faut aller sur le terrain des aides, invitons les politiques sur le forum pour voir ce que l'on en disait, des aides !
3) Si on pense plaisir automobile, je suis beaucoup plus intéressé par la loi 0 artificialisation des sols qui accompagnait notre sujet ZFE dans la décision du conseil constitutionnel : comme passionné de voitures anciennes, ça devrait, je trouve beaucoup plus nous intéresser. Dans un monde de zones d'activités, de bétonisation à outrance, le plaisir automobile n'existe plus.
4) Quand on me dit "voiture hybride", je ne pense pas "technologie", mais à l'état, aujourd'hui bâtard, de l'interface homme-machine : on est dans un espèce d'entre-deux où un ancien monde subsiste un peu, où le nouveau monde n'est pas tout à fait là, un monde en tout cas où conduire, me dis-je, ne présente plus AUCUN intérêt. Rendez-vous compte : on est entré dans une époque où les belles routes sont devenues des spots que l'on rallie après des heures d'autoroute avant de s'y filmer désormais sur les réseaux sociaux ! 95% du réseau n'offre AUCUN plaisir de conduite. Autoroutes, routes rectilignes, zones d'activité, etc etc etc. Cela fait longtemps aussi que les voitures ont elles-mêmes tué ce plaisir. Moi je n'attends qu'une chose : la conduite totalement autonome ! Allons-y, bon sang ! Ce sera une révolution absolument extraordinaire : tous les invalides, toutes les personnes âgés, toutes les personnes en manque d'autonomie pourront regagner en liberté... Mais, qu'est-ce qu'on attend pour lâcher le volant !